Excès de vitesse inférieur à 10 km/h : sanctions, points et réforme 2024

Recevoir un avis de contravention pour un léger dépassement de la limite autorisée est une situation courante. Qu’il s’agisse d’un moment d’inattention sur une route secondaire ou d’une accélération mal calibrée en sortie de ville, l’excès de vitesse inférieur à 10 km/h représente la majorité des flashs en France. Depuis la réforme entrée en vigueur le 1er janvier 2024, les règles ont évolué. Comprendre la distinction entre la vitesse enregistrée et la vitesse retenue, ainsi que l’impact réel sur votre permis, est nécessaire pour réagir correctement.

Les sanctions financières selon le lieu de l’infraction

Le Code de la route prévoit une sanction pécuniaire pour tout dépassement. Le montant de l’amende dépend principalement du contexte routier où l’infraction a été constatée.

Tableau récapitulatif des sanctions pour excès de vitesse inférieur à 10 km/h en France
Tableau récapitulatif des sanctions pour excès de vitesse inférieur à 10 km/h en France

Le barème des amendes forfaitaires

La loi distingue deux situations pour les excès de vitesse de moins de 20 km/h. Si l’infraction a lieu sur une route où la vitesse maximale autorisée est supérieure à 50 km/h, comme une départementale ou une autoroute, l’amende forfaitaire est de 68 €. En revanche, si vous êtes flashé en zone urbaine ou sur une portion limitée à 50 km/h ou moins, la sanction s’élève à 135 €.

Cette différence de montant reflète la dangerosité perçue en agglomération, où la présence de piétons et d’usagers vulnérables impose une sévérité accrue, même pour un faible écart de vitesse.

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Le mécanisme de minoration et de majoration

Le montant indiqué sur votre PV peut varier selon le délai de paiement :

Vous bénéficiez d’une amende minorée si vous payez dans les 15 jours (ou 30 jours par télépaiement). Le montant passe alors à 45 € pour une base de 68 €, ou 90 € pour une base de 135 €. À l’inverse, en cas de retard de paiement au-delà de 45 jours (ou 60 jours en ligne), l’amende majorée grimpe à 180 € ou 375 €.

Le retrait de points : ce que la réforme 2024 a changé

Le décret n°2023-1150 a modifié le régime des sanctions pour les petits dépassements. Jusqu’alors, tout excès de vitesse, même d’un seul kilomètre-heure retenu, entraînait la perte automatique d’un point.

Excès inférieur à 5 km/h : la fin du retrait de point

Pour tout excès de vitesse inférieur à 5 km/h (vitesse retenue), il n’y a plus aucun retrait de point. L’amende reste due, mais cette mesure épargne votre capital points pour des erreurs mineures. L’administration reconnaît ainsi que la concentration d’un conducteur peut fluctuer naturellement dans le flux circulatoire, sans pour autant augmenter le risque d’accident.

Excès entre 5 km/h et 10 km/h : le point reste en jeu

La réforme ne concerne que la tranche de 0 à 5 km/h. Si votre vitesse retenue se situe entre 5 km/h et 9 km/h au-dessus de la limite, vous perdez toujours 1 point sur votre permis. Ce point est toutefois récupérable automatiquement après un délai de 6 mois, à condition qu’aucune autre infraction ne soit commise durant cette période.

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Vitesse réelle vs vitesse retenue : comprendre la marge d’erreur

Il est fréquent d’être flashé alors que le compteur affichait une vitesse proche de la limite. Il faut distinguer la vitesse lue au compteur, la vitesse enregistrée par le radar et la vitesse retenue par l’administration.

La marge technique des radars

Une marge d’erreur est systématiquement déduite de la vitesse enregistrée par le radar pour compenser l’imprécision des appareils :

Type de radar Vitesse < 100 km/h Vitesse > 100 km/h
Radar fixe – 5 km/h – 5 %
Radar mobile – 10 km/h – 10 %

Par exemple, si vous êtes contrôlé par un radar fixe à 86 km/h sur une route limitée à 80 km/h, la vitesse retenue sera de 81 km/h. Vous paierez l’amende de 68 €, mais vous ne perdrez aucun point grâce à la nouvelle réglementation.

Peut-on contester un PV pour un petit excès de vitesse ?

La contestation est un droit, mais elle doit reposer sur des éléments factuels solides, car les preuves technologiques sont souvent irréfutables.

Les motifs de contestation valables

Pour espérer obtenir l’annulation d’un PV, l’argumentation doit s’appuyer sur des preuves concrètes :

Vous pouvez contester en cas d’erreur d’identification du véhicule (plaque usurpée), de vice de forme sur l’avis de contravention (absence de date ou de lieu), si vous aviez déjà vendu le véhicule, ou si vous pouvez désigner un autre conducteur (pour un véhicule de société ou un prêt).

La procédure à suivre

Vous disposez de 45 jours pour contester, principalement via le site de l’ANTAI. Ne payez pas l’amende si vous comptez contester, car le paiement vaut reconnaissance de l’infraction. Une consignation, égale au montant de l’amende, peut être exigée pour que votre demande soit recevable.

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Récapitulatif des risques selon la zone

Voici un résumé des sanctions encourues pour un excès de vitesse compris entre 1 et 9 km/h au-dessus de la limite autorisée.

Vitesse retenue Zone limitée à ≤ 50 km/h Zone limitée à > 50 km/h
1 à 4 km/h 135 € / 0 point 68 € / 0 point
5 à 9 km/h 135 € / 1 point 68 € / 1 point

Si la réforme de 2024 apporte une souplesse bienvenue, la vigilance reste nécessaire. L’amende demeure une réalité financière et le seuil des 5 km/h est vite franchi. Pour préserver votre capital points et votre budget, l’utilisation du régulateur ou du limiteur de vitesse reste la solution la plus efficace face à la précision des radars.

Éléonore Mauvoisin

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